Juillet 2008 : tour de Channel

 

Mercredi 9 juillet.

Anisy-Surrain. 46 km.

C’est la première fois que nous quittons la maison à vélo avec les sacoches et la remorque. Le ciel est gris, le vent souffle assez fort, et les petites routes et les villages du Bessin sont déserts. Repas sur la place Saint Patrice à Bayeux. Nous ne nous sentons pas encore touristes et laissons le rôle aux Italiens et Danois qui déambulent dans les rues. Puis c’est à nouveau la campagne et, en fin d’après-midi, nous arrivons à Surrain. Le camping est moyen (accueil sympa, emplacement correct, mais proximité bruyante de la N13 et sanitaires vieillots. Seuls la piscine et le prix rappellent les 4 étoiles anoncées).

Jeudi 10 juillet.

Surrain-Saint Marcouf. 70 km.

Il a plu toute la nuit. Le matin, il bruine encore et nous sommes bien contents d’avoir une grande tente pour déjeuner au sec !

Nous partons vers 11h, après avoir enfourné la tente dans un grand sac poubelle donné par les propriétaires du camping. La pluie cesse bientôt, des éclaircies apparaissent, entrecoupées de gros nuages. Nous traversons les marais sur de petites routes toujours aussi désertes, et la carte est utile car les panneaux sont rares. Nous mangeons sur le port d’Isigny. Puis la Manche nous accueille et nous quittons l’ancienne N13 pour rejoindre Carentan par une belle véloroute. La circulation est plus dense et désagréable ensuite, jusqu’à Sainte Marie du Mont. A partir d’Utah Beach, c’est à nouveau calme et nous longeons la mer jusqu’au camping “Canada” à Saint Marcouf, très correct (propre, calme, près de la mer, prix modérés, et piscine en construction).

Vendredi 11 juillet.

Saint Marcouf-Tourlaville. 55 km.

Le temps est toujours médiocre. Il fait frais et nous subissons quelques averses. Nous mangeons près de la mairie de Valcanville après avoir quitté la mer entre Saint Vaast et Réville. Après les côtes du Val de Saire, nous arrivons en vue de Tourlaville où le camping est médiocre (bruyant, sale et assez cher). Les volontaires font un petit tour à Cherbourg pour assurer le ravitaillement et estimer le temps nécessaire pour le trajet du lendemain jusqu’au port.

Samedi 12 juillet.

Tourlaville-Cherbourg-Poole-New Forest. 40 km.

C’est le grand jour ! Nous quittons le camping à 6h30 et prenons un excellent petit déjeuner à bord du Barfleur. En guise de bienvenue chez Sa Majesté, un policier nous fait effacer les photos que nous avions prises de l’entrée en territoire britannique : sa guérite doit rester secrète. La circulation est dense, et le quai de Poole très animé... Très vite, Léopold décrète que “rouler à vélo en Angleterre, c’est compliqué”. Nous le vérifierons plus d’une fois au cours du séjour...

Nous passons devant de gros yachts dignes de la Côte d’Azur, mais le ciel et la température ne le sont, eux, toujours pas. Nous trouvons les premiers panneaux indiquant la véloroute 2, qui nous entraînent vers une promenade encombrée de piétons. Hélas, la véloroute devient virtuelle : la promenade est interdite aux cyclistes, et des gardes veillent ! Pour longer la mer et éviter des détours, nous rejoignons Bournemouth à pied. Beaucoup de circulation partout, nous avons un peu de mal à trouver notre place. Et pour conclure cette première journée britannique, l’axe de la roue arrière du vélo de Jérôme casse et la remorque se détache... Heureusement, nous étions presque au camping, au coeur de la New Forest.

Dimanche 13 juillet.

New Forest-Lymington-Freshwater (Ile de Wight). 36 km.

Heureusement, la New Forest est plus touristique que désertique, et un loueur de vélos de Burley, pas trop loin du camping, est ouvert dès 9h et dispose d’un axe de roue pouvant remplacer celui qui a cassé la veille. On peut donc entreprendre la traversée de la New Forest. Jeanne apprécie les rencontres avec les chevaux... Nous mangeons à Brockenhurst, après avoir traversé le célèbre gué qui en marque l’entrée.

Après un tour dans les rues toujours animées de Lymington nous embarquons pour l’île de Wight. Une bonne montée, pour s’habituer dès le départ au relief tourmenté de l’île, et nous arrivons au camping très correct et pas cher de Freshwater. Nous ne mourrons pas de faim : deux épiceries sont encore ouvertes en ce dimanche soir... Ouf !



Lundi 14 juillet.

Freshwater-The Needles-Shanklin. 51 km.

Il fait beau mais frais quand nous arrivons en vue de la pointe ouest de l’île de Wight. La majorité des touristes semble plus intéressée par le parc d’attractions et le télésiège qui mène à la plage que par le célèbre point de vue. Nous reprenons la route le long de la côte sud. Une véloroute est (mal) indiquée, mais s’éloigne trop de la mer, que nous finissons par rejoindre. Nous faisons une pause dans le charmant village de Brighstone et, après quelques belles côtes, nous nous arrêtons au camping très correct et au tarif défiant toute concurrence (6 £) de Shanklin (piscine, sauna, spectacles, sanitaires luxueux...)


Mardi 15 juillet.

Shanklin-East Cowes. 41 km.

Nous poursuivons notre tour de l’île sur des routes étroites et très fréquentées, avec beaucoup de côtes (et quelques descentes). La densité de la circulation, même si la plupart des véhicules roule doucement, nous empêche de profiter pleinement du paysage. Repas à Seaview, face à la mer bien sûr, mais aussi face à Portsmouth, et près de l’atelier d’un constructeur de magnifiques bateaux en bois.

Le camping d’East Cowes a une belle vue sur le Solent, une piscine et une propriétaire francophone, ainsi que le sèche-mains le plus rapide de l’ouest !

Mercredi 16 juillet.

Nous décidons de nous octroyer une journée de repos. Promenade à pied à Cowes, et saucisses (un peu brûlées) au barbecue le soir...

Jeudi 17 juillet.

East Cowes-Southampton-Portsmouth. 48 km.

La traversée en ferry jusqu’à Southampton nous permet de repérer la route que nous allons suivre l’après-midi...

Le ciel est toujours menaçant et la température fraîche, nous nous arrêtons un moment sous un abribus.

Un cycliste vient nous parler, admiratif et envieux. Il rêve de terminer le voyage à vélo entre John O’ groats et Hamble commencé il y a deux ans et interrompu à la frontière de l’Ecosse pour cause de grossesse de sa femme...

La chaîne de Léopold refuse d’aller au-delà de Hamble. Certes, le petit port est charmant, mais nous décidons de passer outre. Après quelques tractations, le capitaine du magnifique ferry rose accepte de nous transporter et les ouvriers du chantier naval situé sur la rive opposée réparent la chaîne en riant de notre “tour de Channel”.

Après ces péripéties, nous arrivons à Gosport, d’où un nouveau ferry nous emmène à prix d’or à Porsmouth. Le bouchon de protection d’une des roues de la remorque préfère rester dans le Solent. Le camping, plutôt vieillot, est à l’autre bout de la ville.

Vendredi 18 juillet.

Portsmouth-Littlehampton. 67 km.

Encore un ferry au menu pour commencer la journée. Puis une agréable voie verte nous perd dans la zone industrielle de Havant avant que nous retrouvions la route de Chichester. Nous mangeons près de la cathédrale et rejoignons la mer à Bognor Regis. C’est presque l’hiver : il fait froid...

Comme l’écrivait les avis trouvés sur internet avant le départ, le camping de Littlehampton est correct mais l’accueil pas sympa.

Samedi 19 juillet.

Littlehampton-Seaford. 62 km.

Après Worthing, la véloroute n°2 que nous tentons de suivre depuis Poole est plus continue. Il y a même quelques belles pistes en front de mer, et nous avons le vent dans le dos. Nous traversons Brighton et ses hordes de touristes avant de retrouver les falaises. Quelques courses à Newhaven, et le camping, sympa mais vétuste, de Seaford est devant nos roues.

Dimanche 20 juillet.

Seaford-Hastings. 60 km.

A la sortie de Seaford, nous admirons les belles falaises blanches. La véloroute, bien jalonnée mais qui emprunte parfois des voies peu carrossables ou, à l’inverse, des routes très fréquentées, contourne les collines. Nous retrouvons la mer près de Pevensey, où Guillaume devint “Le Conquérant”, et une glace nous donne un peu d’énergie pour escalader la forte pente qui mène au grand camping presque désert de Hastings.

Lundi 21 juillet.

Hastings-Dymchurch. 58 km.

La route est agréable jusqu’à Rye, que nous visitons. Puis le paysage devient monotone, voire sinistre, avec en toile de fond une prison et une centrale nucléaire. Pour couronner le tout, le chemin est en mauvais état... Après Lydd, nous traversons des marais et retrouvons avec plaisir la mer. La piscine du camping de Dymchurch est fermée quand nous y arrivons. En revanche, les pubs resteront ouverts encore longtemps, si nous en croyons les vociférations alcoolisées de nos voisins de retour dans la nuit noire...

Mardi 22 juillet.

Dymchurch-Dover-Calais-Guines. 55 km.

Il fait beau et la route est tranquille jusqu’à Folkestone. Ensuite, il faut escalader les falaises, et c’est haut ! Nous ne voyons pas grand-chose de Douvres, entre les camions et le port, et nous retrouvons très vite à attendre le ferry. A peine le  temps d’un excellent fish and chips et voilà Calais, et l’été ! On se croirait transporté au sud : le vent s’est calmé et le soleil est encore chaud. Un rapide coup d’oeil sur les guides et cartes de la librairie du ferry nous a fait choisir le camping de Guines, très correct.

Mercredi 23 juillet.

Guines-Dannes. 57 km.

Nous naviguons dans le Boulonnais. C’est l’été, il fait beau. Les plages de Wimmereux et Calais débordent d’activité... Et le camping de Condette est complet. Nous continuons jusqu’à Dannes, où le camping est récent et correct, mais à l’ombre d’une gigantesque cimenterie.

Jeudi 24 juillet.

Dannes-Le Crotoy. 80 km.

Les pistes cyclables du Pas-de-Calais sont assez nombreuses, mais, contrairement à leurs homologues anglaises, elles sont dépourvues d’indication de direction et sont absentes des cartes : dommage !

Nous arrivons malgré tout à en suivre certaines, et finissons par arriver à Berck, où nous mangeons face à la mer. Après quelques kilomètres de chemins caillouteux, nous arrivons sur le très agréable réseau cyclable de la baie de Somme, qui nous mène presque jusqu’au Crotoy. A croire que tous les chemins y mènent, puisque les campings sont complets. Nous finissons par dénicher une place dans l’un d’eux. Ce sera notre plus mauvais souvenir : pas sympa, sale, bruyant, et plus cher qu’un 4 étoiles italien. “Mais, monsieur, vous êtes au Crotoy”, répondra, sans rire, la responsable à nos récriminations...

Dimanche 27 juillet.

Villequier-Honfleur. 64 km.

Une belle voie verte, puis une piste cyclable, nous mènent à l’embarcadère de Port Jérôme, où le dernier bac de la matinée nous permet de retrouver le sud de la Seine. Après la traversée du Marais Vernier, nous longeons l’estuaire pour rejoindre le Calvados. Nous dormirons à Honfleur.

Vendredi 25 juillet.

Le Crotoy-Saint Martin en Campagne. 71 km.

Nous quittons le centre du monde pour rejoindre le centre de notre monde. Aujourd’hui, nous rentrons en effet en Normandie... Après une promenade au Tréport, nous nous arrêtons pour la nuit dans le très agréable camping de Saint Martin en Campagne.

Samedi 26 juillet.

Saint Martin en Campagne-Villequier. 81 km.

La Seine-Maritime aurait-elle honte de ses aménagements cyclables ? Il faut être très fort pour découvrir la belle voie verte qui relie Dieppe à Ambrumesnil... Nous traversons le Pays de Caux et, après une pause à Yvetot, descendons vers la Seine à Villequier, où les rires des joyeux Polonais voisins ponctueront la nuit.

Lundi 28 juillet.

Honfleur-Anisy. 66 km. Total Anisy-Anisy : 1 107,5 km.

Nous partons assez tôt pour éviter la circulation touristique sur l’étroite route côtière entre Honfleur et Trouville. Après un arrêt à Dives en souvenir de ce petit tour du Royaume anglo-normand de Guillaume le Conquérant, et un autre à Merville pour manger, nous arrivons à Anisy à 15h00. L’orage peut gronder : nous sommes à l’abri !